Syndicats, employeurs, pouvoirs publics ont pris conscience que la lutte contre le « plafond de verre » était devenue un enjeu essentiel pour la cohésion sociale. Des grandes entreprises ont commencé à prendre la mesure du problème. L’Oréal, Axa, Suez, la SNCF, Manpower ont fait de réels efforts.
Parfois, c’est à l’initiative de la CFDT que la démarche anti-discrimination s’est engagée. Chez Sanofi-Aventis à Montpellier, les responsables de la CFDT constatent que l’entreprise est implantée dans le quartier de La Paillade et de Petit Bard, mais qu’elle n’embauche guère les jeunes qui vivent pourtant dans l’environnement immédiat. « Nous nous sommes aussi aperçus qu’un cabinet privé sous-traitait les embauches de Sanofi sans que nous connaissions les critères de sélection », explique Jean-Louis Assens, délégué syndical CFDT. Certains postes pouvaient parfaitement convenir à ces jeunes. La CFDT prend donc contact avec l’ANPE qui évoque devant les syndicalistes la méthode de recrutement par simulation. Il s’agit d’identifier le savoir-faire nécessaire pour occuper un poste. Puis de définir les critères et les capacités. Ensuite seulement, on cherche à pourvoir au poste selon ces critères.
Si un jeune issu des quartiers sensibles possède les critères demandés et n’est pas accepté, cela doit provoquer automatiquement le questionnement sur la discrimination. La direction de Sanofi-Aventis se dit intéressée par la démarche et accepte de participer avec la CFDT et l’ANPE à une réunion tripartite au cours de laquelle il est décidé de mener des embauches selon cette méthode.
Dans le même temps, dans le cadre d’un projet Equal, l’Union régionale CFDT produit un film sur la non-discrimination à l’embauche. « Malheureusement, depuis 2006, notre initiative a été contrariée par la réalité économique dans le secteur. Sanofi n’embauche plus et prépare des plans sociaux. Si bien que notre volonté de diversifier, approuvée par la direction, n’a pas pu donner de résultats concrets ». Mais Jean-Louis Assens ne désespère pas : « Cet accord verbal n’a pas été remis en cause sur le principe, dès que la situation le permettra nous interviendrons à nouveau sur ce dossier. »
Henri Israël (d’aprèswww.cfdt.fr)






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