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Nouveau Rapport global du BIT sur l’égalité au travail, 2007

En dépit d’avancées majeures dans la lutte contre les discriminations au travail, l’ampleur des inégalités en matière de revenus et d’opportunités ainsi que l’importance et la persistance de la discrimination au travail sont un sujet d’inquiétude croissante, selon un nouveau rapport publié aujourd’hui par le Bureau international du Travail

Dans son rapport le plus complet réalisé sur la discrimination et intitulé : L’égalité au travail : relever les défis , le BIT dresse un tableau global de la discrimination liée au travail, pointant progrès et échecs dans la lutte contre la discrimination depuis ses formes les plus traditionnelles – sexe, race ou religion – jusqu’à ses nouvelles formes fondées sur l’âge, l’orientation sexuelle, la santé, la séropositivité.

« A l’échelle mondiale, la lutte contre la discrimination se caractérise par un mélange de progrès majeurs et de reculs », indique le rapport, pointant les progrès effectués depuis sa première édition publiée il y a quatre ans (c.f. : L’heure de l’égalité au travail, BIT, 2003) et notant que la plupart des 180 pays membres de l’OIT ont ratifié ses deux conventions fondamentales sur la discrimination et se sont, de ce fait, engagés à créer des lois et des politiques antidiscrimination.

Notant les efforts significatifs réalisés par les Etats Membres de l’OIT pour juguler la discrimination au travail le rapport reconnaît : « Aujourd’hui, la discrimination dans l’emploi et la profession est presque universellement condamnée, et quasiment tous les pays se sont engagés à y remédier ». En 2007, neuf Etats membres sur dix ont ratifié la convention (n° 100) sur l’égalité de rémunération, 1951, et la convention (n° 111) concernant la discrimination (emploi et profession), 1958, les deux normes fondamentales sur la question, s’engageant ainsi à promouvoir des lois et des politiques anti-discrimination.

Néanmoins, le rapport souligne que l’urgence à lutter contre la discrimination au travail est plus grande encore qu’il y a quatre ans « dans un monde où montent les inégalités, l’insécurité et les incertitudes », ajoutant que « des inégalités importantes et persistantes en matière de revenus, d’avoirs et de possibilités affaiblissent l’efficacité de toute action visant à combattre la discrimination. Cela peut engendrer une instabilité politique et des bouleversements sociaux qui nuisent à l’investissement et à la croissance économique ».

Progrès et revers

Sur les plans juridique et institutionnel, beaucoup de pays ont enregistré des résultats notables. Plusieurs ont récemment révisé leurs codes du travail pour y inclure des dispositions contre la discrimination et en faveur de l’égalité. Le rapport évoque des initiatives nouvelles telles que Le Recueil de directives pratiques du BIT sur le VIH/SIDA et le monde du travail, qui a révolutionné la réponse du secteur privé et public face au Sida sur le lieu de travail.

En dépit de ces évolutions encourageantes, « beaucoup de problèmes demeurent », dit le rapport. L’application de la loi demeure insuffisante, et les organismes créés ad hoc pour lutter contre la discrimination manquent de ressources. Tandis que les mesures de lutte contre la discrimination se développent dans l’économie formelle, les politiques publiques doivent aussi cibler l’économie informelle, de plus en plus importante, pour faire tomber les barrières qui empêchent des centaines de millions de personnes de bénéficier de l’égalité des chances au travail, selon le rapport.

Le rapport fournit de multiples exemples de discriminations fondées sur la race, la religion, l’origine sociale, la caste, l’appartenance à un peuple indigène ainsi qu’à l’encontre des travailleurs migrants.

Le rapport fait partie d’une série d’études publiées annuellement sur les thèmes fondamentaux de l’OIT en vertu du suivi de la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail, adoptée par la Conférence internationale du Travail en 1998. La Déclaration est axée autour de quatre principes fondamentaux : la liberté d’association, l’abolition du travail des enfants, l’élimination du travail forcé et de la discrimination.

(Source : communiqué de presse de l’OIT)

Voir le site de l’OIT